VIDEO FOREVER*27 VISION ECOLOGIQUE

16 Mars, 19h30
@ Musée de la Chasse et de la Nature
Rue des Archives, 75003, Paris
Entrée gratuite – Confirmer votre participation à  reservation@chassenature.org

Conférence et présentation par Paul Ardenne

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Avec, entre autres, des vidéos de  Rosa Barba, Daniel Beerstecher, Joseph Beuys, Ursula Biemann, Camille Goujon, Elmas Deniz, Simon Faithfull, Christiane Geoffroy, Markus Hoffmann, Nancy Holt, Antti Laitinen, Clare Langan, Janet Laurence, Joanna Malinowska, Lucy + Jorge Orta, Jacques Rougerie, Gustav Metzger, Su Rynard, Robert Smithson.  

Avec nos remerciements à Istanbul Modern, exposition « Till it’s gone », commissaires Çelenk Bafra & Paolo Colombo ; Ikono TV & Elizabeth Markevitch, Vanina Saracino, et tous les artistes.

Dès les années 1970, le thème écologique occupe largement la scène médiatique. Le désarroi inspiré par la pollution d’origine humaine est patent. La question du « Quoi faire ? » travaille aussi le champ de l’art. Mario Merz : Che Fare? (« Que faire ? »), emprunte son titre à Lénine. Mais Che Fare ? de façon à la fois laconique et lisible, oppose sous forme d’environnement deux éléments, d’un côté la voiture de l’artiste, une Fiat décatie et essoufflée, de l’autre une construction en forme d’igloo. La lecture autorisée de cette œuvre, au plus simple, suggère l’hésitation. Que choisir ? (…)

La question environnementale, pour l’essentiel, demeure durablement un élément du « spectacle » contemporain, une des pièces construisant le paysage de son « bruit de scène » général, il reste que la prise de conscience écologique fait son chemin sur le mode d’un « bruit de fond » mineur mais entêtant. Quelle place la « culture » au sens large tient-elle dans cette prise de conscience ? Et quant à l’art « écologique », osons poser la question : quel est l’apport des arts plastiques à cette prise de conscience écologique ? En fait, sauf exceptions sur lesquelles on reviendra plus bas, il serait faux de prétendre que la question environnementale agite et préoccupe en profondeur le champ des arts plastiques avant les années 1990. Mais pourquoi la création plasticienne est-elle incapable, ou mal capable, de représenter la catastrophe écologique ? « Artialiser » cette forme de fin du monde que sont l’hyperpollution et le dérèglement climatique se montrerait-il hors de sa portée ? Quelles seraient les raisons princeps, s’il en est une, de ce déficit de capacité représentative ?

>Pas assez spectaculaire, pour les uns.

>Pas assez documentaire, pour les autres.

>Pas assez adapté, pour d’autres encore.

>Voire : en la matière, le déficit de représentation des arts plastiques de la fin du 20ème et du tournant du 21ème siècle émanerait non de l’incapacité à représenter que d’un différentiel d’échelle.

Qu’entendre par là ? D’une part, que l’art est trop peu productif en termes sensationnel, et pas assez émotionnel, pour rendre compte de la catastrophe absolue que représente le péril écologique, cette avant-première de la fin du monde. D’autre part, que ce dernier, serait-il représenté jusqu’à épuiser les créateurs d’images, tant et plus et au-delà de la saturation visuelle, engage une problématique d’une violence symbolique telle qu’elle sidère l’esprit humain et lui passe toute envie d’en jouir, serait-ce par le seul regard.

La catastrophe écologique, rien de moins, lève le rideau sur l’apocalypse ultime, sur un monde où l’humanité survivra peut-être mais dans des conditions épouvantables, tous ses acquis remis en questions voire éliminés, sans espoir d’un retour à l’« avant ».

L’art, cette fois, ne saurait nous consoler de cette perte, irréparable. « Nous avons l’art pour ne pas mourir de la vérité », écrivait Nietzsche. Lorsque c’est la vérité qui nous tue, il est clair que l’art ne sert plus à rien. Pas de catharsis possible pour cette raison éminente : il n’y aura pas, une fois le monde mort, de lendemain pour se reprendre. Se purger de sa peur au spectacle du pire, dans ce cas, n’est plus envisageable. Où l’art meurt avec la mort du monde.

Mais … regardons néanmoins ce que les artistes nous proposent – et en particulier, les vidéastes, donc.

Avec passion – et non sans humour, parfois.



Ecology occupies the media scene since the 1970s. « What to do? » (Mario Merz after Lenine) as a question also invades the art scene. What to chose ? The environmental question now occupies a « sustainable » place in the contemporary spectacle, and the ecological consciousness continues to penetrate our minds, on its heady way. What is the role of culture and art in this « prise de conscience » ? Before the 1990s, the contribution of the arts to the general ecological debates remains minor. Why such a lack of representation ? May be ecology is not spectacular enough. May be it is not documentary enough. May be not adapted to art. Or may be the perspective of an ecological apocalypse engages such a symbolic violence in our minds that it staggers the creative capacity to represent it for the pleasure of our eyes. The lack of possibility to got backwards leaves little space for the illusion that art could console us from the loss of our work. « We have art so ass not to die from truth », said Nietzsche – yes, but the art world will not survive the world.
In the meantime, let’s take a brief overview on the history of ecological art, and look at what artists propose today – in particular, the video artists. There proposals are passionate, and do not lack a sense of humour. If we cannot avoid the disaster, lets at least make fun of it.

With videos by Rosa Barba, Daniel Beerstecher, Joseph Beuys, Ursula Biemann, Camille Goujon, Elmas Deniz, Simon Faithfull, Christiane Geoffroy, Markus Hoffmann, Nancy Holt, Antti Laitinen, Clare Langan, Janet Laurence, Joanna Malinowska, Gustav Metzger, Lucy + Jorge Orta, Jacques Rougerie, Su Rynard, Robert Smithson, among others.

Thanks to Istanbul Modern, to the curators of the exhibition « Till it’s gone » : Çelenk Bafra & Paolo Colombo ; IkonoTV’s video program « Art Speaks Out », curated by Vanina Saracino, for the inspiration ; and to Nicolas Etchenagucia for the research.

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