*VIDEO FOREVER 33* – ANIMAL DEATH

May 3rd 2017
Musée de la Chasse et de la Nature

Introduction : Claude d’Anthenaise – Conference : Barbara Polla & Paul Ardenne

With Katja Aglert, Véronique Caye, Georges Franju, Julia Ghita, Mihai Grecu, Pauline Horovitz, Signe Johannessen, Ali Kazma, Merve Kaptan, Erik Levine, Lucy & Jorge Orta, Tiziana Pers, Lucie Plumet, sintacti-k, Jeanne Susplugas.

Just two years ago, in this same hunting and nature museum, Musée de la Chasse, we presented the 23rd session of VIDEO FOREVER, dedicated to the theme of death. A summary of the session can be found on the VIDEO FOREVER blog. We showed, among other things, a film by Raphaëlle Paupert-Borne about the illness and death of her daughter, whom she lost to cystic fibrosis at the age of 4 or 5. Everybody stayed to watch it in its entirety. It is a beautiful film. During the session, we also showed Ali Kazma’s film Slaughterhouse. It, too, is a beautiful film. In it, we witness animals dying in a kosher slaughterhouse in Istanbul. At least twenty people left the room.

Claude d’Anthenaise later proposed we organize a session dedicated specifically to the theme of animal deaths. And we asked ourselves: how is it that the death of this little girl was watchable but the animal deaths were not? There are likely several reasons for this. First, the death of the little girl was inevitable while that of the animals was imposed on them. But forced death does not systematically cause spectators to flee from the cinema – far from it. One might reply to this counter-argument that in war movies, men do not really die – but in war, yes, they do really die, just like animals at the slaughterhouse. Another assumption we may make to justify this differential sensitivity would be the question of innocence. All of us would need a kind of “protectorate of innocence.” Since humanity has lost all innocence as of a century ago, – we now realize that human beings are capable of the worst, overwhelmingly so – perhaps children, who are future adults, have also lost their innocence in our eyes. Perhaps animals now represent a kind of “natural reserve of innocence” that we should not tamper with. No matter that animals kill one another; they would nonetheless be exempt from the possibility of evil.

We therefore set out to research the best way to approach this theme, avoiding whenever possible that spectators leave from the outset – and although the artists’ videos assembled for this program do not provide answers to the fundamental questions we ask ourselves about animal deaths, they do allow us to more deeply explore the questions asked, including, among others:

* Is whatever makes us “mortal” beings – the consciousness of our death, both as individuals and as a species (human) – shared by animals? Are animals conscious of their own death – of death itself – in the same way men are?

* In representations that aspire to make us feel such a consciousness, how much of what we feel is “projection”? (This question is particularly apt in relation to video art..)

* Why do contemporary artists not represent animal deaths that occur naturally, even though animals die of natural causes? Why don’t they represent deaths that result from animals killing one another?

* Does the movement, at times fanatical, to prevent animals from dying correspond to the desire to prevent human death – and, faced with the impossibility of doing so, to a kind of détournement?

* What about rituals and ritualizations of death?

* Why would classic hunting images, which were, and still are, considered “beautiful” (see images in this museum) be maligned – or why are they –, insofar as they are contemporary?

* What do artists who deal with the subject of animal deaths tell us about our own relationship to death?

This program was conceived while keeping several themes in mind: deaths from natural causes; the question of conscience; ways of representing slaughterhouses, including choreography; hunting, fishing, and eliminating animals harmful to agriculture; tributes to endangered animals; the potential beauty in representations of death.

Thanks to Annie Aguettaz (Images-Passages), Janet Biggs, Camille Goujon, Laurie Hurwitz, Ida Pisani (Prometeo Gallery).

Il y a exactement deux ans, en ce même musée de la Chasse et de la Nature, nous présentions la 23ème session de VIDEO FOREVER, dédiée au thème de la mort. Vous pouvez en trouver la reprise vidée sur le blog de VIDEO FOREVER. Nous avions montré, entre autres, un film de Raphaëlle Paupert-Borne sur la maladie et la mort de sa propre petite fille, décédée de mucoviscidose à l’âge de 4 ou 5 ans. Vous étiez tous restés regarder. C’était un beau film. Dans le déroulé de la séance, nous avions également montré le film Slaughterhouse de Ali Kazma. C’est aussi un beau film. On y voit les animaux mourir dans un abattoir kasher à Istanbul. Au moins vingt personnes avaient quitté la salle.

Claude d’Anthenaise nous a alors proposé d’organiser une séance spécifiquement dédiée au thème de la mort des animaux. Et nous nous sommes interrogés : comment se fait-il que la mort de la petite fille soit regardable, et celle des animaux ne le soit pas ? Il y a probablement de multiples raisons à cela. D’abord, la mort de la petite fille est une fatalité, celle des animaux est infligée. Mais la mort infligée ne fait pas systématiquement fuir les spectateurs du cinéma, loin de là. On pourrait répondre à ce contre-argument que dans les films de guerre les hommes ne meurent pas vraiment – mais à la guerre, oui, ils meurent vraiment, comme à l’abattoir.
L’une des hypothèses émises pour expliquer cette sensibilité différentielle serait la question de l’innocence. Nous aurions tous besoin d’une sorte de « protectorat de l’innocence ». L’humain ayant depuis le siècle dernier perdu toute innocence – nous savons désormais qu’il est capable du pire, massivement – peut-être que l’enfant, futur adulte, a lui aussi perdu de son innocence à nos yeux. Peut-être que les animaux représentent désormais pour nous une sorte de « réserve naturelle d’innocence » à laquelle nous ne devrions pas toucher. Peu importe que les animaux se tuent entre eux, ils n’en seraient pas moins exemptés de la possibilité du Mal.

Nous nous sommes alors mis à la recherche de la meilleure manière d’aborder ce thème, en évitant dans toute la mesure du possible que les spectateurs ne quittent la salle d’entrée de jeu — et si les vidéos d’art réunies dans la programmation proposée ne vont pas apporter de réponse aux questions fondamentales que nous nous posons à propos de la mort des animaux, elles vont nous permettre d’approfondir les questions posées, qui sont, entre autres :

*Ce qui fait de nous des êtres « mortels » – la conscience de notre mort en tant qu’individus et en tant qu’espèce (humaine) – est-elle partagée par les animaux ? Les animaux ont-ils conscience de leur mort – de la mort – de manière similaire aux hommes ?

*Dans les représentations qui visent à nous faire ressentir une telle conscience, quelle est la part de « projection » ? (une question particulièrement adéquate quand il s’agit de vidéos…)

*Pourquoi les artistes d’aujourd’hui ne représentent-ils pas la mort naturelle des animaux, quand bien même les animaux meurent de mort naturelle ? Pourquoi ne représentent-ils pas la mort que les animaux se donnent entre eux ?

*La volonté parfois forcenée d’annuler la mort des animaux répond-elle du désir d’annuler la mort humaine – et devant l’impossibilité de ce faire – à une sorte de détournement ?

*Qu’en est-il des rituels, des ritualisations de la mort ?

*Pourquoi les images classiques de chasse qui étaient et sont encore considérées comme « belles » (voir les images du musée) seraient-elles – ou sont-elles – aujourd’hui décriées, dans la mesure où elles sont contemporaines ?

*Que nous disent les artistes qui travaillent sur la mort des animaux de notre propre rapport à la mort ?

La programmation elle-même a été conçue par thèmes : la mort naturelle ; la question de la conscience ; les représentations de l’abattoir, incluant la chorégraphie ; la chasse, la pêche, et l’élimination des animaux nuisibles à l’agriculture ; les hommages aux animaux en voie de disparition ; la possible beauté des représentations la mort.

Merci à Annie Aguettaz (Images-Passages), Janet Biggs, Camille Goujon, Laurie Hurwitz, Ida Pisani (Prometeo Gallery).

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*VIDEO FOREVER 32* – DUO

Projection le 15 mars 2017
Musée de la Chasse et de la Nature
62 Rue des Archives, 75003 Paris

Avec, entre autres, Janet Biggs, Sean Capone, Brice Dellsperger, Shaun Gladwell, Dana Hoey, Gabriella & Silvana Mangano, Tuomo Manninen, Angela Marzullo, Yves Netzhammer, Luana Perilli, Tom Pnini, Shannon Plumb, Jhafis Quintero, RAYMUNDO, Matt Saunders.

En ce moment au Musée de la Chasse et de la Nature, un improbable duo d’artistes nous donne à voir comment le travail en commun entre deux artistes, en l’occurrence Roger Ballen, photographe, et Hans Lemmen, dessinateur inspiré par les enjeux liés aux représentations de la nature, peut gommer la distance qui les sépare. C’est dans ce cadre du DUO que s’inscrit VIDEO FOREVER – l’idée étant non pas de montrer les œuvres de duos d’artistes, dont l’histoire est riche – mais d’œuvres vidéo qui explorent le thème du DUO, thème fondamental de la création. Le Duo, le Double, le Doppelgänger, sont récurrents de toute l’histoire de la création, littéraire aussi bien qu’artistique et chaque duo recèle en filigrane la notion de duel.En opposition au couple, le DUO a pour lui sa très grande malléabilité. Le cinéma en fournit maints exemples, entre Laurel et Hardy, à un bout du spectre, et les robots R2-D2 et 6po à l’autre extrémité. Le DUO n’induit pas la vie commune mais se nourrit d’un destin commun, qui n’est pas d’abord signifié par l’amour, l’affect, mais plutôt par la réciprocité. Là où un couple amoureux fusionne, le DUO met en scène deux entités qui jouent leur propre partition en s’épaulant l’une l’autre en fonction d’un but commun. Le DUO n’est lui-même que dans un mouvement permanent entre l’acceptation de l’autre et la tension avec l’autre.

©Shaun Gladwell

Revenons au cinéma, dont on retrouve des accents dans l’art vidéo contemporain et pointons, le concernant, la multitude de duos dont l’intérêt vient de cette imparfaite condition du lien : Deux flics à Miami, 48 heures, et tant d’autres. La vidéo, elle, est un medium de choix pour la représentation du duo, que ce soit par la double projection, l’image en miroir, le speculum mentis, le portrait et l’autoportrait, le duo de l’artiste avec lui-même, jusqu’au duel. Car le DUO c’est aussi la mise en exergue du principe schizophrénique, lorsque Dr. Jekyll devient Mr. Hyde ou quand Le Horla de Maupassant piste dans son être propre la présence d’un autre qui est lui sans l’être. La fécondité thématique du DUO se nourrit de cette variabilité : deux êtres différents et le risque permanent de l’égarement, de la dissolution de l’un dans l’autre.

Remerciements à Anna & Francesco Tampieri (Tom Pnini) et à la Galerie Anna Schwartz (Gabriella & Silvana Mangano).

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*VIDEO FOREVER 31 – LOVE STORIES*

 The Art Department – VIDEO FOREVER 31
*LOVE STORIES* January 7, 2017

Soho House Istanbul – Evliya Çelebi Mahallesi Mesrutiyet Cad. No:56, 34430 Beyoglu/Istanbul, TURKEY


WITH VIDEOS BY

Véronique CAYE, Enna CHATON (chez Céleste BOURSIER-MOUGENOT), mounir FATMI, Shaun GLADWELL, Marie HENDRIKS, Sandra HOYN, Merve KAPTAN,
Ali KAZMA, Marcus KREISS, Eva MAGYAROSI, MASBEDO, Robert MONTGOMERY & Marin RAGUZ, Joachim OLENDER, Luana PERILLI, RAYMUNDO, Rebecca RUSSO, Julien SERVE and more.

Just as love feeds and thrills us, the loves related in LOVE STORIES nourish and enliven us. “Love Stories” ventures into a realm of love without borders, without distinctions between the various forms of love. We no longer should assign love a quality, to inscribe it in hierarchies like the ones bequeathed by idealism tainted with moralist propaganda, which casts down carnal love and raises up agape. Instead, our guiding principle for LOVE STORIES has been and will be the amorous mechanism, the principle of attraction, the flux that engenders attachment, instilled by nature in all its creatures, conscious or not. Love is the love for the other – whoever the other is. Let him or her be and let us all enjoy the existence of the other with love and respect. The videos selected also shed a critical light on the never-ending loneliness and constant fights that love also conceals.

The Art Department is dedicated to providing resources for the production of inspiring art projects and organizing educational programs in order to expand awareness through contemporary art.

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*VIDEO FOREVER 30* OCEANIC VISIONS

October 28, 2016
Bibliothèque municipale Quintaou, Anglet

This anniversary session of VIDEO FOREVER will promote the way in which contemporary artists work with the ocean as an essential part of our life, as a frontier to cross, as a temple concealing memories and myths.

The session will open with Crossings by late Leila Alaoui, followed by Los Durmientes by Enrique Ramirez, both artists taking a twain approach, political and poetic. Frank Smith, writer for the catalog of the Biennial, and Kemal Tufan and Shaun Gladwell, two artists featured in the Biennial, illustrate the broad vision of “La Littorale” – from participative art to video and the novel cinetracts produced by Frank Smith: a reminiscence of Chris Marker.

The ocean is an infinite place to be looked at and explored and so does Janet Laurence (who was the Australian representative for the COP21/FIAC, Artists 4 Paris Climate 2015 Exhibition, with Deep Breathing: Resuscitation for the Reef shown at the National Museum of Natural History in Paris). The Lebanese artist couple Joana Hadjithomas & Khalil Joreige search in the ocean for light, life and beauty – Se souvenir de la lumière is the title of one of Joana Hadjithomas & Khalil Joreige’s video recently produced by and shown at Jeu de Paume. Regina José Galindo also explores the shallows of the ocean – though with sand bags, not people – while Pauline Julier lures us into her own dreams of remote and soon lost islands.

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In contrast Rita Jokiranta and Mauro Herce Mira tell us about some of the crude realities of today’s oceans – pollution, and work aboard the Fair Lady – Mauro Herce Mira’s film, Dead Slow Ahead, is currently on view in Paris. Todd Mac Millan endlessly stares at the Ocean, Oto Hudec sings for it. And as a melancholic end Janet Biggs embarks us on an expedition in the high Arctic with Fade to White, referring to an editing technique used to evoke death or transcendence, the mournful voice of counter tenor John Kelly paralleling the vanishing Arctic landscape…

Videos by Leila Alaoui, Janet Biggs, Regina José Galindo, Shaun Gladwell, Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, Oto Hudec, Pauline Julier, Rita Jokiranta, Janet Laurence, Todd Mac Millan, Mauro Herce Mira, Enrique Ramirez, Frank Smith, Kemal Tufan.

Presented and commented by Barbara Polla ; screening Raymundo ; recording Alexandre D’Huy.

Thanks to: the artists, the Anglet Biennial, Paul Ardenne, Fondation Leila Alaoui, Fabienne Leclerc & Galerie In Situ, Galerie Michel Rein, Ida Pisani & Promoteo Gallery and Abdul Rahman Katanani.

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VIDEO FOREVER 29 *SORTIR DU CADRE – OUT OF FRAME*

Wednesday, June 15, 2016

Topographie de l’art
15 rue de Thorigny, Paris 3ème

Getting out of frame, to create
Creativity supposes, fundamentally, getting out of one’s frame, even if the artworks that result from such outgoing gestures get rapidly “reframed”, both physically and socially, through their new frame, strictly speaking; through the space in which they are shown; by the society which approves—or not—their validity and value; and by the gaze of the public.

In the “framework” of this 29th session of VIDEO FOREVER, we explore that specific moment of the affirmation of a difference and the resulting energy that any novel standpoint generates.

But the exit, the “coming out of frame“ sooner or later leads to re-entry into another frame. The “coming out” has thus to be reiterated again and again in order to be constantly renewing creative energy. We call this constantly regenerating energy “uncanny energy”.

The selected videos address this momentum of difference, of risk, of revelation, of freedom, of daring, of regeneration, of fun and of strangeness: while getting off frame the unsettling strangeness of being—the uncanny—suddenly appears in plain sight. The videos presented all are somehow about getting “out of frame”, whether in a most literal form or in a symbolic one: out of the window, out of the washing machine, out of advertising, out of one’s social frame, out of political clichés, out of jail, out of home (uncanny refers to the German word un-heim-lich), and out of gender stereotypes.
They also explore the so-called “Uncanny Valley”, a hypothesis in the fields of aesthetics elaborated by the Japanese robotics professor Masahiro Mori, which holds that when creatures look and move almost, but not exactly, like natural beings, they create negative feelings in the viewers. The “valley” refers to the dip between familiar and strange, between recognized and rejected. Have a look at the uncanny valley…

Sortir du cadre, pour créer
La créativité suppose, fondamentalement, une sortie du cadre – même si l’œuvre d’art plastique qui en résulte est ensuite, le plus souvent, ré-encadrée, physiquement et socialement, de multiples manières : par son cadre, à proprement parler ; par l’espace dans lequel elle est montrée ; par la société qui entérine – ou non – sa validité et sa valeur ; par le regard du public.

Dans le « cadre » de cette 29ème session de VIDEO FOREVER, nous nous intéressons au moment même de la sortie du cadre, et ce qui en résulte : ce moment si particulier de l’affirmation d’une différence et de l’énergie que cette prise de position génère. Nous n’ignorons pas que toute sortie du cadre suppose l’entrée presque automatique dans un autre cadre – la « sortie » doit donc se reproduire constamment. « Sortir du cadre », encore et encore, est la base même de l’énergie créative : the uncanny energy. Les vidéos sélectionnées s’inscrivent dans une sortie du cadre, sous toutes ses formes, des plus littérales (Shannon Plumb, Patrick Dekeyser) aux plus insolites, aux plus « uncanny » (Evi Kalessis, Joanna Malinowska & C.T. Jasper, Pauline Horowitz et ses Toilettes sèches). Une énergie inattendue, qui se manifeste de manière insolite, là où on ne l’attend pas, tel un territoire que l’on découvre en cours d’exploration, quand bien même il existe depuis toujours.

En sortant du cadre, paradoxalement, on s’expose. Et c’est à ce moment précis, à la sortie même du cadre, que l’inquiétante étrangeté de l’être – the uncanny – apparaît soudain en pleine lumière. C’est dans cet élan de sortie, de prise de risque, d’ouverture, de libération, que toute l’énergie consommée pour oser cette sortie se met à se régénérer, à circuler à grande vitesse : e = mc2 et plus la vitesse de sortie est grande, plus l’énergie générée l’est de manière exponentielle. C’est un moment jouissif de création, une acmé…
Pour lire la suite, cliquez ici.

Dans ce Hors Cadre, toutes les sorties sont bonnes, tous les départs vivifiants. Sortir du cadre : condition de créativité, condition de survie.

With videos by Moumen Bouchala, Sean Capone, Arnaud Cohen, Patrick Dekeyser, Marc Horowitz, Pauline Horowitz, C.N. Jelodanti, Evi Kalessis, Eva Magyarosi, Shannon Plumb, Joanna Malinowska & CT Jasper, Jhafis Quintero, Raymundo, Julien Serve, Tejal Shah, Matthew Weinstein, Julia Zastava.

Thanks to Daria Kahn, Topographie de l’art, Janet Biggs & Dana Hoey, Sonnabend gallery.

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VIDEO FOREVER 28 *OCEAN*

Wednesday May 4, 2016

@ Musée de la Chasse et de la Nature
Rue des Archives, 75003 Paris

This session of VIDEO FOREVER on OCEAN is dedicated to Leila ALAOUI

The OCEAN – or better said the OCEANS make up a global world with many faces. The surface and the depth, confrontation and immersion, deep diving animals and submarines, whales and their music, Poseidon and Bas Jan Ader, sailors and pirates, beauty and pollution, boarders and horizons, power and dreams, conflict and appeasement, fishermen and migrants, danger and joy…
But most importantly, in contemporary video art dedicated to the ideas of the Ocean (or at least in the current selection), there often emerges the notion of time. Time, whether linear or circular, whether measurable or infinite, has always been a major philosophical subject, but remains undefined even today. For many of the video artists selected for this VIDEO FOREVER session, the ocean appears to represent a « space-time » in front of which their gaze – and hence ours – loses itself in timelessness. Intimate, unseen under-water (all the more fascinating because it is unseen) allows the artist’s body – and hence our body – to dissolve out of time. In search of the miraculous, the oceanic myths become palpable, the romanticism rooted in the loss of den and the distance – now blurred by pollution that brings us harshly back from day-dreaming to reality and responsibility.
For some video artist’s presented, such as Janet Biggs and Shaun Gladwell, the dynamic interaction between man and the power of the waters is essential; for others, such as Leila Alaoui and mounir fatmi – the ocean is approached in a more political way.

With videos by Leila Alaoui, Annette Arlander, Janet Biggs, mounir fatmi, Anne-Charlotte Finel, Shaun Gladwell, Oto Hudec, Rita Jokiranta, Evangelia Kranioti, William Lamson, Janet Laurence, Todd MacMillan, Fernando Prats, Enrique Ramirez, Jean-François Robic, Frank Smith, among others.

Thanks to Leila Alaoui Foundation ; Gene Sherman ; Sarah Cottier Gallery ; Galerie Michel Rein ; Galerie Jousse ; Galeria Joan Prats ; Galerie Vincent Sator ; to AV-arkki, The Distribution Centre for Finnish Media Art, Finland ; and to IkonoTV’s video program « Art Speaks Out », curated by Vanina Saracino.

To learn more about the screening please click here.

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VIDEO FOREVER*27 VISION ECOLOGIQUE

16 Mars, 19h30
@ Musée de la Chasse et de la Nature
Rue des Archives, 75003, Paris
Entrée gratuite – Confirmer votre participation à  reservation@chassenature.org

Conférence et présentation par Paul Ardenne

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Avec, entre autres, des vidéos de  Rosa Barba, Daniel Beerstecher, Joseph Beuys, Ursula Biemann, Camille Goujon, Elmas Deniz, Simon Faithfull, Christiane Geoffroy, Markus Hoffmann, Nancy Holt, Antti Laitinen, Clare Langan, Janet Laurence, Joanna Malinowska, Lucy + Jorge Orta, Jacques Rougerie, Gustav Metzger, Su Rynard, Robert Smithson.  

Avec nos remerciements à Istanbul Modern, exposition « Till it’s gone », commissaires Çelenk Bafra & Paolo Colombo ; Ikono TV & Elizabeth Markevitch, Vanina Saracino, et tous les artistes.

Dès les années 1970, le thème écologique occupe largement la scène médiatique. Le désarroi inspiré par la pollution d’origine humaine est patent. La question du « Quoi faire ? » travaille aussi le champ de l’art. Mario Merz : Che Fare? (« Que faire ? »), emprunte son titre à Lénine. Mais Che Fare ? de façon à la fois laconique et lisible, oppose sous forme d’environnement deux éléments, d’un côté la voiture de l’artiste, une Fiat décatie et essoufflée, de l’autre une construction en forme d’igloo. La lecture autorisée de cette œuvre, au plus simple, suggère l’hésitation. Que choisir ? (…)

La question environnementale, pour l’essentiel, demeure durablement un élément du « spectacle » contemporain, une des pièces construisant le paysage de son « bruit de scène » général, il reste que la prise de conscience écologique fait son chemin sur le mode d’un « bruit de fond » mineur mais entêtant. Quelle place la « culture » au sens large tient-elle dans cette prise de conscience ? Et quant à l’art « écologique », osons poser la question : quel est l’apport des arts plastiques à cette prise de conscience écologique ? En fait, sauf exceptions sur lesquelles on reviendra plus bas, il serait faux de prétendre que la question environnementale agite et préoccupe en profondeur le champ des arts plastiques avant les années 1990. Mais pourquoi la création plasticienne est-elle incapable, ou mal capable, de représenter la catastrophe écologique ? « Artialiser » cette forme de fin du monde que sont l’hyperpollution et le dérèglement climatique se montrerait-il hors de sa portée ? Quelles seraient les raisons princeps, s’il en est une, de ce déficit de capacité représentative ?

>Pas assez spectaculaire, pour les uns.

>Pas assez documentaire, pour les autres.

>Pas assez adapté, pour d’autres encore.

>Voire : en la matière, le déficit de représentation des arts plastiques de la fin du 20ème et du tournant du 21ème siècle émanerait non de l’incapacité à représenter que d’un différentiel d’échelle.

Qu’entendre par là ? D’une part, que l’art est trop peu productif en termes sensationnel, et pas assez émotionnel, pour rendre compte de la catastrophe absolue que représente le péril écologique, cette avant-première de la fin du monde. D’autre part, que ce dernier, serait-il représenté jusqu’à épuiser les créateurs d’images, tant et plus et au-delà de la saturation visuelle, engage une problématique d’une violence symbolique telle qu’elle sidère l’esprit humain et lui passe toute envie d’en jouir, serait-ce par le seul regard.

La catastrophe écologique, rien de moins, lève le rideau sur l’apocalypse ultime, sur un monde où l’humanité survivra peut-être mais dans des conditions épouvantables, tous ses acquis remis en questions voire éliminés, sans espoir d’un retour à l’« avant ».

L’art, cette fois, ne saurait nous consoler de cette perte, irréparable. « Nous avons l’art pour ne pas mourir de la vérité », écrivait Nietzsche. Lorsque c’est la vérité qui nous tue, il est clair que l’art ne sert plus à rien. Pas de catharsis possible pour cette raison éminente : il n’y aura pas, une fois le monde mort, de lendemain pour se reprendre. Se purger de sa peur au spectacle du pire, dans ce cas, n’est plus envisageable. Où l’art meurt avec la mort du monde.

Mais … regardons néanmoins ce que les artistes nous proposent – et en particulier, les vidéastes, donc.

Avec passion – et non sans humour, parfois.



Ecology occupies the media scene since the 1970s. « What to do? » (Mario Merz after Lenine) as a question also invades the art scene. What to chose ? The environmental question now occupies a « sustainable » place in the contemporary spectacle, and the ecological consciousness continues to penetrate our minds, on its heady way. What is the role of culture and art in this « prise de conscience » ? Before the 1990s, the contribution of the arts to the general ecological debates remains minor. Why such a lack of representation ? May be ecology is not spectacular enough. May be it is not documentary enough. May be not adapted to art. Or may be the perspective of an ecological apocalypse engages such a symbolic violence in our minds that it staggers the creative capacity to represent it for the pleasure of our eyes. The lack of possibility to got backwards leaves little space for the illusion that art could console us from the loss of our work. « We have art so ass not to die from truth », said Nietzsche – yes, but the art world will not survive the world.
In the meantime, let’s take a brief overview on the history of ecological art, and look at what artists propose today – in particular, the video artists. There proposals are passionate, and do not lack a sense of humour. If we cannot avoid the disaster, lets at least make fun of it.

With videos by Rosa Barba, Daniel Beerstecher, Joseph Beuys, Ursula Biemann, Camille Goujon, Elmas Deniz, Simon Faithfull, Christiane Geoffroy, Markus Hoffmann, Nancy Holt, Antti Laitinen, Clare Langan, Janet Laurence, Joanna Malinowska, Gustav Metzger, Lucy + Jorge Orta, Jacques Rougerie, Su Rynard, Robert Smithson, among others.

Thanks to Istanbul Modern, to the curators of the exhibition « Till it’s gone » : Çelenk Bafra & Paolo Colombo ; IkonoTV’s video program « Art Speaks Out », curated by Vanina Saracino, for the inspiration ; and to Nicolas Etchenagucia for the research.

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